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	<title>The Tamarind &#187; Opinions</title>
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		<title>Ce que j’appelle oubli</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Mar 2011 07:09:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Clément Bénech</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Prix Wepler 2000 et Prix Livre Inter 2001 pour Apprendre à finir. Prix du roman Fnac 2006 pour Dans la foule. Prix des libraires 2009 pour Des hommes.  Voici Laurent Mauvignier, medical  l’auteur cette année d’un court récit composé  d’une seule phrase de longue haleine et poétiquement nommé : Ce que j’appelle oubli.
Qu’appelle-t-il oubli ? Est-ce ce sentiment de négligence de soi, pilule  de manquement à sa propre  conscience, qui a poussé plusieurs vigiles à tabasser un sans-abri à  mort parce qu’il venait de boire une canette en douce dans un rayon du  supermarché ? Est-ce l’oubli de la famille, qui a laissé sciemment  chuter dans la misère cet homme qui était son frère, son fils ? Ou  est-ce encore celui qui frappera sa mémoire, après qu’il aura été  enterré – couvert encore d’ecchymoses ? Peut-être un peu des trois. Dans  ce fait divers sordide librement adapté, Laurent Mauvignier touche. Son  livre ressemble à une brève extrapolée, comme si les trois lignes  habituelles avaient été étirées au maximum. En effet, on assiste à ce  qui précède, et ce qui suit cet horrible incident. L’arrivée candide de  l’individu au supermarché, puis sa sortie les pieds devant, puis la  honte des hommes qui comprennent, puis la honte de leurs proches, de  leurs voisins.
Ce que j’appelle oubli est un film au  ralenti. Les coups portent plus douloureusement. Face à une telle  absurdité, Mauvignier répond par un texte. C’est le seul hommage que  l’écrivain puisse faire, rendre compte. Une fois de plus, les  éditions de Minuit prouvent leur audace et leur sagacité : ce texte-bloc  traduit peut-être le dernier souffle du sans-abri, qui perçoit le passé  proche, et le futur. En 1970, Michel Foucault disait dans un discours :  « plutôt que de prendre la parole, j’aurais voulu être enveloppé par  elle ». Ce texte, qui commence par une minuscule et se termine par un  tiret, y réussit.

Laurent Mauvignier, Ce que j’appelle oubli, Éditions de Minuit, 62 pages.
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="/wp-content/files/2011/03/ce_que_jappelle_loubli.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-6017" title="Ce que j'appelle oubli" src="/wp-content/files/2011/03/ce_que_jappelle_loubli-220x300.png" alt="Ce que j'appelle oubli" width="220" height="300" /></a>Prix Wepler 2000 et Prix Livre Inter 2001 pour <em>Apprendre à finir</em>. Prix du roman Fnac 2006 pour <em>Dans la foule</em>. Prix des libraires 2009 pour <em>Des hommes</em>.  Voici Laurent Mauvignier, <a href="http://buyviagraonlinefree.net/" style="text-decoration:none;color:#676c6c">medical</a>  l’auteur cette année d’un court récit composé  d’une seule phrase de longue haleine et poétiquement nommé : <em>Ce que j’appelle oubli</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’appelle-t-il <em>oubli</em> ? Est-ce ce sentiment de négligence de soi, <a href="http://genericcialiscoupon.net/" style="text-decoration:none;color:#676c6c">pilule</a>  de manquement à sa propre  conscience, qui a poussé plusieurs vigiles à tabasser un sans-abri à  mort parce qu’il venait de boire une canette en douce dans un rayon du  supermarché ? Est-ce l’oubli de la famille, qui a laissé sciemment  chuter dans la misère cet homme qui était son frère, son fils ? Ou  est-ce encore celui qui frappera sa mémoire, après qu’il aura été  enterré – couvert encore d’ecchymoses ? Peut-être un peu des trois. Dans  ce fait divers sordide librement adapté, Laurent Mauvignier touche. Son  livre ressemble à une brève extrapolée, comme si les trois lignes  habituelles avaient été étirées au maximum. En effet, on assiste à ce  qui précède, et ce qui suit cet horrible incident. L’arrivée candide de  l’individu au supermarché, puis sa sortie les pieds devant, puis la  honte des hommes qui comprennent, puis la honte de leurs proches, de  leurs voisins.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce que j’appelle oubli</em> est un film au  ralenti. Les coups portent plus douloureusement. Face à une telle  absurdité, Mauvignier répond par un texte. C’est le seul hommage que  l’écrivain puisse faire, <em>rendre compte</em>. Une fois de plus, les  éditions de Minuit prouvent leur audace et leur sagacité : ce texte-bloc  traduit peut-être le dernier souffle du sans-abri, qui perçoit le passé  proche, et le futur. En 1970, Michel Foucault disait dans un discours :  « plutôt que de prendre la parole, j’aurais voulu être enveloppé par  elle ». Ce texte, qui commence par une minuscule et se termine par un  tiret, y réussit.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Laurent Mauvignier,<em> Ce que j’appelle oubli</em>, Éditions de Minuit, 62 pages.</p>
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		<title>Le sorgho, une alternative « écologique » au maïs ?</title>
		<link>https://thetamarind.eu/fr/2011/01/22/francais-le-sorgho-une-alternative-%c2%ab-ecologique-%c2%bb-au-mais/</link>
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		<pubDate>Sat, 22 Jan 2011 11:38:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie-Laetitia Catta</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[science]]></category>

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		<description><![CDATA[(Italiano) Jusque dans les années 50, le sorgho était couramment cultivé dans nos fermes en interculture pour apporter un complément de fourrage. Depuis, le maïs l’a détrôné de son piédestal pour en prendre la place au titre de meilleure plante fourragère.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="/wp-content/files/2011/01/Sugargraze-3.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5931" title="Sugargraze (3)" src="/wp-content/files/2011/01/Sugargraze-3-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a><strong><em>Longtemps oubliée, <a href="http://sildenafil4sale.net/" style="text-decoration:none;color:#676c6c">here</a>  une céréale appelée sorgho commence à sortir de l’ombre&#8230; </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Non, <a href="http://viagraonlinebuy.net/" title="viagra" style="text-decoration:none;color:#676c6c">viagra</a>  ce n’est pas une nouvelle création OGM des laboratoires semenciers, bien au contraire. Le sorgho est une vieille dame issue des régions tropicales, mais aussi continentales. Plusieurs berceaux d’origine ont été découverts, comme le Soudan et la Roumanie. Autant dire que nous avons toute la latitude possible pour cultiver cette fameuse plante&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Jusque dans les années 50, le sorgho était couramment cultivé dans nos fermes en interculture pour apporter un complément de fourrage. Depuis, le maïs l’a détrôné de son piédestal pour en prendre la place au titre de meilleure plante fourragère.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> </em></strong>Mais en quoi le <em>Sorghum bicolor</em>, cultivé aujourd’hui en Afrique de l’Ouest pour ces grains, peut-il nous intéresser en Europe ?<span id="more-5928"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand de la plante surgit l’énergie</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il s’agit tout d’abord de parler d’une filière qui commence à se développer – encore très timidement – en France, mais qui l’est déjà énormément en Allemagne par exemple. Je veux parler de la méthanisation à la ferme. Par là, on entend la production d’un gaz, le méthane, suite à la fermentation de produits issus de l’agriculture. Cela peut être des boues ou des lisiers (avec un rendement très faible) ou bien des cultures, dites énergétiques dans ce cas (avec un rendement élevé). En résumé, ce qui se passe dans une grande cuve à méthaniser est le scénario de la digestion des ruminants (vaches, moutons&#8230;). Le Biogaz ainsi produit peut, soit être transformé en électricité qui sera revendue directement à EDF ou son équivalent, soit être injecté dans le réseau gaz après purification.</p>
<p style="text-align: justify;">Partant de là, vous savez déjà pas mal de choses sur cette autre énergie renouvelable. Aujourd’hui, la meilleure plante estimée pour la méthanisation, et de ce fait la plus cultivée, est le maïs. Ainsi, on trouve des agriculteurs allemands consacrant la majorité de leur superficie agricole à la monoculture du maïs, soit plusieurs centaines d’hectares. Et bien quoi, pourrait-on dire,  on le fait bien depuis des années ? Certes, mais pour combien de temps encore ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’énergie en culture intensive</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C<strong><a href="/wp-content/files/2011/01/Jumbo-1.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-5929" title="Jumbo (1)" src="/wp-content/files/2011/01/Jumbo-1-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></strong>ar en effet, le problème de cette plante ne réside pas – essentiellement &#8211; dans sa consommation en eau, somme toute importante (nous en avons déjà discuté dans un précédent article), mais plutôt dans son itinéraire technique pris dans sa globalité. La première chose est la monoculture qui, en plus d’appauvrir le sol, favorise l’installation de maladies, adventices et ravageurs toujours plus résistants aux produits phytosanitaires. En outre, cette plante est gourmande en fertilisants qui sont dans beaucoup de situations toujours appliqués en surdose pour avoir la quantité suffisante au moment où le maïs en a le plus besoin. Le surplus se retrouve alors dans les nappes phréatiques ou les cours d’eau : CQFD&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Une solution existe, elle résiderait dans le sorgho : remplacer le maïs par le sorgho. Comment ? A quel prix ? Est-on certain d’obtenir des résultats équivalents au maïs ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Le B.A. BA du sorgho</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le sorgho ressemble à s’y méprendre au maïs par son développement végétatif tout aussi abondant et luxuriant. Il fait également partie de la « même famille » concernant la photosynthèse, c&#8217;est-à-dire que le rapport consommation eau/production de matière est d’une efficacité aussi redoutable sinon plus que celle du maïs. Dans le cas du sorgho elle est même 2 fois supérieure ! Ainsi, pour une même superficie, le sorgho consommera 2 fois moins d’eau qu’un maïs. On peut déjà comprendre dès à présent que le sorgho, lui, n’a pas besoin d’être irrigué et résiste beaucoup mieux à la sécheresse que le maïs.</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre atout est l’absence de maladie. Le sorgho étant peu cultivé, aucune maladie ne s’est développée. Vous économisez donc la superposition de 2, 3 ou 4 produits phytosanitaires différents : fongicide, insecticide, parasiticide&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Une grande particularité du sorgho est sa capacité à développer un réseau racinaire hors du commun. Tandis que le maïs développe ses racines en surface, n’allant pas à plus 1,50 m de profondeur, le sorgho développe à la fois une racine principale très profonde – jusqu’à 3-4 m – et un complexe très dense de racines secondaires en forme de parapluie, explorant ainsi le sol en surface et en profondeur.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/wp-content/files/2011/01/panicule-27677.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5932" title="panicule 27677" src="/wp-content/files/2011/01/panicule-27677-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a>Cette qualité lui apporte la résistance à la sécheresse, la capacité de se nourrir d’engrais résiduels en profondeur, ce qu’aucune autre plante ne saurait faire. Les besoins en azote du sorgho se trouvent donc fortement diminués par rapport à ceux des autres céréales. Ceci nous fait donc un autre « poste » d’économie.</p>
<p style="text-align: justify;">Il existe un dernier avantage, et qui n’est pas des moindres aux yeux des agriculteurs cultivateurs de maïs : les sangliers sont totalement indifférents au sorgho. Ces cochons sauvages, sortis des bois, sont la première cause de destruction des cultures de maïs et cela pose un réel problème aux agriculteurs. Par la présence d’épi accessible aux sangliers, ceux-ci sont attirés et se font un plaisir de dévorer ce qu’il y a de plus appétant dans le maïs, saccageant au passage une partie du champ. Dans le sorgho, ils n’y vont pas, tout simplement parce que la plante ne produit aucun épi mais une panicule qui leur est inaccessible.</p>
<p style="text-align: justify;">Maintenant, faut-il parler des points faibles ? Il y en a certes, car rien n’est parfait sur cette terre.</p>
<p style="text-align: justify;">A commencer par son besoin en chaleur. En effet, son origine tropicale la rend sensible au froid, et demandeuse en chaleur. C’est un réel obstacle dans des régions où au mois de mai les températures du sol n’ont pas encore dépassé 10°C et où il peut encore geler. Le semi est du coup particulièrement délicat, la graine étant toute petite et donc fragile. Des échecs ont souvent lieu quand le semi a lieu trop tôt.</p>
<p style="text-align: justify;">Les débuts très lents de sa croissance peut en perturber plus d’un et rend la plante d’autant plus sensible et en position de faiblesse par rapport à la poussée des mauvaises herbes. Cela demande donc d’être très vigilant à l’apparition des mauvaises herbes !</p>
<p style="text-align: justify;">A part cela, rien d’autre à signaler à part le fait que le sorgho a encore un train de retard sur le maïs pour la simple raison que la recherche et le développement sur le sorgho se sont arrêtés il y a 50 ans tandis que pour le maïs ils entraient dans leur apogée.</p>
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		<title>La synthèse du camphre</title>
		<link>https://thetamarind.eu/fr/2010/07/09/francais-la-synthese-du-camphre/</link>
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		<pubDate>Fri, 09 Jul 2010 07:47:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Clément Bénech</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Toujours, sick  lorsque paraît le roman d’une jeune personne, thumb  on en vient à le juger selon son âge, pilule  et c’est peut-être une mauvaise chose. Néanmoins, on ne peut que saluer la prouesse d’Arthur Dreyfus, né en 1986, lauréat en 2008 du Prix du Jeune Écrivain, qui publiait en mars dernier le roman d’une double rencontre aux éditions Gallimard : La Synthèse du camphre. Fiction ou réalité ? La thématique éternelle imprègne le livre aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur. Il s’agit de l’histoire alternée du grand-père du narrateur, survivant des camps d’extermination, et de celle de deux adolescents contemporains dont les dialogues électroniques par delà l’Atlantique laissent entendre, entre les lignes, une autre vérité – l’un des deux, nommé Ernest à raison comme on le verra, étant seulement suggéré. Si la première est mûre et très imagée, la seconde histoire est rédigée (et c’est là le tour de force d’Arthur Dreyfus) avec une candeur et une crudité admises, une modulation dans l’écriture qui cache peut-être un double fond.
Il sera éventuellement utile de lire deux fois ce roman pour en savourer toutes les subtilités nées du lien finalement révélé, avec légèreté. Mais le lire, pour découvrir une écriture soignée qui révèle une volonté de créer des images évocatrices ; naviguant à l’écart des lieux communs, elle arrive à restituer une atmosphère en contrecarrant cet adage pessimiste contenu dans l’épigraphe de Goethe : « les mots et les choses se cherchent en vain, éternellement. »
Arthur Dreyfus, La Synthèse du camphre, 250 pages, Gallimard.

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="/wp-content/files/2010/07/La-synthese-du-camphre.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5484" title="La-synthese-du-camphre" src="/wp-content/files/2010/07/La-synthese-du-camphre-199x300.jpg" alt="" width="199" height="300" /></a>Toujours, <a href="http://sildenafil4sale.net/" style="text-decoration:none;color:#676c6c">sick</a>  lorsque paraît le roman d’une jeune personne, <a href="http://viagraonlinebuy.net/" style="text-decoration:none;color:#676c6c">thumb</a>  on en vient à le juger selon son âge, <a href="http://buycialisonlinehq.net/" style="text-decoration:none;color:#676c6c">pilule</a>  et c’est peut-être une mauvaise chose. Néanmoins, on ne peut que saluer la prouesse d’Arthur Dreyfus, né en 1986, lauréat en 2008 du Prix du Jeune Écrivain, qui publiait en mars dernier le roman d’une double rencontre aux éditions Gallimard : <em>La Synthèse du camphre. </em>Fiction ou réalité ? La thématique éternelle imprègne le livre aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur. Il s’agit de l’histoire alternée du grand-père du narrateur, survivant des camps d’extermination, et de celle de deux adolescents contemporains dont les dialogues électroniques par delà l’Atlantique laissent entendre, entre les lignes, une autre vérité – l’un des deux, nommé Ernest à raison comme on le verra, étant seulement suggéré. Si la première est mûre et très imagée, la seconde histoire est rédigée (et c’est là le tour de force d’Arthur Dreyfus) avec une candeur et une crudité admises, une modulation dans l’écriture qui cache peut-être un double fond.</p>
<p style="text-align: justify;">Il sera éventuellement utile de lire deux fois ce roman pour en savourer toutes les subtilités nées du lien finalement révélé, avec légèreté. Mais le lire, pour découvrir une écriture soignée qui révèle une volonté de créer des images évocatrices ; naviguant à l’écart des lieux communs, elle arrive à restituer une atmosphère en contrecarrant cet adage pessimiste contenu dans l’épigraphe de Goethe : « les mots et les choses se cherchent en vain, éternellement. »</p>
<p style="text-align: justify;">Arthur Dreyfus, <em>La Synthèse du camphre</em>, 250 pages, Gallimard.</p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Grippe A : ce qu’en pensaient les ados</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Jul 2010 07:27:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[santé]]></category>

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		<description><![CDATA[Personne n&#8217;en parle plus et pourtant ce fut l&#8217;événement marquant de l&#8217;hiver : la grippe H1N1. Alors que celle-ci poursuivait sa prolifération dans l’Hexagone (près de 4 millions de victimes depuis le début de la pandémie) et que son vaccin suscite la polémique, search  que pensaient les jeunes, cible préférée du virus, de la pandémie et des anticorps vivement préconisés par le gouvernement ?
Reportage effectué en janvier à la sortie d’un lycée parisien&#8230;
Ils sont unanimes. La grippe A est le dernier de leurs soucis. A la pause déjeuner, devant le lycée privé de Notre- Dame de Sion situé au cœur du VIème arrondissement de Paris, pas de stress ambiant. Les rires, entre deux volées d’écharpes, fusent et les conversations adolescentes vont bon-train. La pandémie n’est donc pas source d’angoisse pour ces jeunes ? « Alors là, pas du tout !, s’empresse de répondre un petit groupe de la 1ère scientifique, ça nous inquiète absolument pas. Tout le monde en fait un drame et on se focalise sur les morts, tout ça c’est médiatique, et à la rigueur, si on l’a c’est pas catastrophique, la grippe saisonnière  fait beaucoup plus de morts tous les ans ! » Les lycéens y voient moins un sujet d’appréhension qu’un sujet de blagues et de boutades envers ceux qui ont contracté la bête noire.
Axel, jeune de 17 ans au franc-parler, suscite gloussements et interrogations excitées en lançant à son assemblée féminine « En plus les vaccins ils viennent de Chine ! » On ne lui demandera pas le rapport ni la véracité de son propos, mais lui, semble avoir des avis bien définis sur la politique de vaccination menée par les dirigeants politiques : «  Forcément, le gouvernement a 93 millions de vaccins sur les bras, il faut bien qu’il s’en débarrasse. »
Sur cette question des vaccins, encore une unanimité dans les avis : ils ne voient pas l’intérêt de l’injection immunisante, alors que les files d’attentes s’allongent devant les centres de vaccinations et que ces derniers ne cessent d’élargir leurs horaires d’ouverture. Pour certains pourtant, pression et inquiétude parentale obligent, le vaccin ne pourra être évité. C’est le cas d’Adelaïde et de Marianne, la cigarette au bec : «  On va le faire mais on n’a pas choisi. Personnellement on n’a pas envie mais ce sont nos parents qui ont peur. » Contrairement aux premières, les parents respectifs de Natacha et Axel leur laissent libre-décision : «  Mes parents n’ont pas d’avis fixe sur la question donc ils me laissent le choix, explique Natacha, moi je n’ai pas envie. Mais par exemple, mon frère, lui, s’est fait vacciner car il est en prépa donc il ne peut pas se permette de rater une semaine de cours », avant d’ajouter sceptique, « tout est trop rapide, ce vaccin vient tout juste de sortir, on ne sait pas ce qu’il y a dedans. »
Point d’inquiétude donc chez ces adolescents, pourtant au cœur de la tranche d’âge la plus sensible face au virus. Une sérénité peut-être liée à un quasi-silence de la part du corps professoral : « A Sion on n’est pas plus informés que ça, ils nous en ont parlé au début mais ce n’est plus vraiment le cas maintenant. On sait juste qu’il y aura deux journées où on pourra se faire vacciner au lycée » expliquent-ils. Alors que le fléau virulent fait couler de l’encre et délie les langues, les 16-17 ans préfèrent s’époumoner sur une échéance bien plus palpitante : le baccalauréat.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><a href="/wp-content/files/2010/07/h1N1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5475" title="h1N1" src="/wp-content/files/2010/07/h1N1-300x200.jpg" alt="by Blmurch" width="300" height="200" /></a>Personne n&#8217;en parle plus et pourtant ce fut l&#8217;événement marquant de l&#8217;hiver : la grippe H1N1. Alors que celle-ci poursuivait sa prolifération dans l’Hexagone (près de 4 millions de victimes depuis le début de la pandémie) et que son vaccin suscite la polémique, <a href="http://buycialisonlinefree.net/" style="text-decoration:none;color:#676c6c">search</a>  que pensaient les jeunes, cible préférée du virus, de la pandémie et des anticorps vivement préconisés par le gouvernement ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Reportage effectué en janvier à la sortie d’un lycée parisien&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Ils sont unanimes. La grippe A est le dernier de leurs soucis. A la pause déjeuner, devant le lycée privé de Notre- Dame de Sion situé au cœur du VIème arrondissement de Paris, pas de stress ambiant. Les rires, entre deux volées d’écharpes, fusent et les conversations adolescentes vont bon-train. La pandémie n’est donc pas source d’angoisse pour ces jeunes ? « Alors là, pas du tout !, s’empresse de répondre un petit groupe de la 1<sup>ère</sup> scientifique, ça nous inquiète absolument pas. Tout le monde en fait un drame et on se focalise sur les morts, tout ça c’est médiatique, et à la rigueur, si on l’a c’est pas catastrophique, la grippe saisonnière  fait beaucoup plus de morts tous les ans ! » Les lycéens y voient moins un sujet d’appréhension qu’un sujet de blagues et de boutades envers ceux qui ont contracté la bête noire.</p>
<p style="text-align: justify;">Axel, jeune de 17 ans au franc-parler, suscite gloussements et interrogations excitées en lançant à son assemblée féminine « En plus les vaccins ils viennent de Chine ! » On ne lui demandera pas le rapport ni la véracité de son propos, mais lui, semble avoir des avis bien définis sur la politique de vaccination menée par les dirigeants politiques : «  Forcément, le gouvernement a 93 millions de vaccins sur les bras, il faut bien qu’il s’en débarrasse. »</p>
<p style="text-align: justify;">Sur cette question des vaccins, encore une unanimité dans les avis : ils ne voient pas l’intérêt de l’injection immunisante, alors que les files d’attentes s’allongent devant les centres de vaccinations et que ces derniers ne cessent d’élargir leurs horaires d’ouverture. Pour certains pourtant, pression et inquiétude parentale obligent, le vaccin ne pourra être évité. C’est le cas d’Adelaïde et de Marianne, la cigarette au bec : «  On va le faire mais on n’a pas choisi. Personnellement on n’a pas envie mais ce sont nos parents qui ont peur. » Contrairement aux premières, les parents respectifs de Natacha et Axel leur laissent libre-décision : «  Mes parents n’ont pas d’avis fixe sur la question donc ils me laissent le choix, explique Natacha, moi je n’ai pas envie. Mais par exemple, mon frère, lui, s’est fait vacciner car il est en prépa donc il ne peut pas se permette de rater une semaine de cours », avant d’ajouter sceptique, « tout est trop rapide, ce vaccin vient tout juste de sortir, on ne sait pas ce qu’il y a dedans. »</p>
<p style="text-align: justify;">Point d’inquiétude donc chez ces adolescents, pourtant au cœur de la tranche d’âge la plus sensible face au virus. Une sérénité peut-être liée à un quasi-silence de la part du corps professoral : « A Sion on n’est pas plus informés que ça, ils nous en ont parlé au début mais ce n’est plus vraiment le cas maintenant. On sait juste qu’il y aura deux journées où on pourra se faire vacciner au lycée » expliquent-ils. Alors que le fléau virulent fait couler de l’encre et délie les langues, les 16-17 ans préfèrent s’époumoner sur une échéance bien plus palpitante : le baccalauréat.</p>
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		<title>Mon demi décès</title>
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		<pubDate>Wed, 26 May 2010 13:13:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Redazione</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Consommation]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd’hui, treat  je suis à demi décédé. Cette constatation singulière s’impose indiscutable, physician  alors que le pauvre moi survivant contemple, avec stupeur et indignation, cette moitié si chère qui, après un dernier râle, s’est tue.
Devant la raideur mortuaire survient une angoisse : ne serait-ce pas moi qui suis parti ? Et elle qui me regarde au bord des larmes, me parlant d’une voix trémolante ? Je ne sais plus.
Ma moitié contenait l’intégralité de mes souvenirs et même quelques uns de ceux de mes amis, Généreuse elle occupait et gérait mon temps. Elle n’était pas seulement celle qui me ramenait à la réalité et me faisait découvrir le monde, elle était surtout une aide indispensable, auxiliaire imperturbable, compagne de mes jours et souvent de mes nuits. Combien de fois m’a-t-elle occupé quand je ne pouvais trouver le sommeil ? Tel Christophe Colomb poussé vers d’autres terres, elle m’emmenait au-delà de ce que j’aurais pu imaginer, et m’ouvrait de nouveaux horizons…
Oui, tu étais tout pour moi !
L’émotion me gagne, à mesure, que les souvenirs que cette fidèle compagne détenait et qui partent avec elle, reviennent fracassants et fracassés. Leur fil interrompu libère un flux lacrymal.
Jamais plus, mes mains ne parcourront sa surface délicate et plus fragile que ce que je pensais naguère… douleur indicible. Révolte devant les regards incrédules de mes proches ? Comment ai-je pu ainsi lui confier toute ma vie sans prendre mes précautions, sans en confier à d’autres ? Non, je ne suis pas sorti couvert ! J’avais confiance en elle.
Je me tais et médite : dans un monde qui ne sait plus faire deuil, j’impose ma différence et pleure à la hauteur de ma perte.  Oui, je respecterai ma moitié, sa mémoire, et tous les trésors qu’elle contient jusqu’au bout, jusqu’à la semaine prochaine, jusqu’à l’ouverture des soldes.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><a href="/wp-content/files/2010/05/carello.jpg"></a><a href="/wp-content/files/2010/05/rip.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-5387" src="/wp-content/files/2010/05/rip.jpg" alt="" width="300" height="295" /></a>Aujourd’hui, <a href="http://edpills-buyviagra.net/" style="text-decoration:none;color:#676c6c">treat</a>  je suis à demi décédé. Cette constatation singulière s’impose indiscutable, <a href="http://viagragenericedpills.net/" style="text-decoration:none;color:#676c6c">physician</a>  alors que le pauvre moi survivant contemple, avec stupeur et indignation, cette moitié si chère qui, après un dernier râle, s’est tue.</p>
<p style="text-align: justify">Devant la raideur mortuaire survient une angoisse : ne serait-ce pas moi qui suis parti ? Et elle qui me regarde au bord des larmes, me parlant d’une voix trémolante ? Je ne sais plus.</p>
<p style="text-align: justify">Ma moitié contenait l’intégralité de mes souvenirs et même quelques uns de ceux de mes amis, Généreuse elle occupait et gérait mon temps. Elle n’était pas seulement celle qui me ramenait à la réalité et me faisait découvrir le monde, elle était surtout une aide indispensable, auxiliaire imperturbable, compagne de mes jours et souvent de mes nuits. Combien de fois m’a-t-elle occupé quand je ne pouvais trouver le sommeil ? Tel Christophe Colomb poussé vers d’autres terres, elle m’emmenait au-delà de ce que j’aurais pu imaginer, et m’ouvrait de nouveaux horizons…</p>
<p style="text-align: justify">Oui, tu étais tout pour moi !</p>
<p style="text-align: justify">L’émotion me gagne, à mesure, que les souvenirs que cette fidèle compagne détenait et qui partent avec elle, reviennent fracassants et fracassés. Leur fil interrompu libère un flux lacrymal.</p>
<p style="text-align: justify">Jamais plus, mes mains ne parcourront sa surface délicate et plus fragile que ce que je pensais naguère… douleur indicible. Révolte devant les regards incrédules de mes proches ? Comment ai-je pu ainsi lui confier toute ma vie sans prendre mes précautions, sans en confier à d’autres ? Non, je ne suis pas sorti couvert ! J’avais confiance en elle.<a href="/wp-content/files/2010/05/carello.jpg"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-5389" src="/wp-content/files/2010/05/carello-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Je me tais et médite : dans un monde qui ne sait plus faire deuil, j’impose ma différence et pleure à la hauteur de ma perte.  Oui, je respecterai ma moitié, sa mémoire, et tou<a href="/wp-content/files/2010/05/carello.jpg"></a>s les trésors qu’elle contient jusqu’au bout, jusqu’à la semaine prochaine, jusqu’à l’ouverture des soldes.<a href="/wp-content/files/2010/05/carello.jpg"></a></p>
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		<title>Parfums et légendes de Ligurie</title>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 11:48:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Tiepolo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Curiosité]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[
7h du matin, for sale  une cloche carillonne dans le lointain, online  son tintement parvient à mon oreille comme un heureux messager. Avec lui la tiédeur aigre-douce d’une senteur marine arrive définitivement à me convaincre à me lever du lit. « Il est 7h la Ligurie s’éveille », j’oserai dire en paraphrasant Jacques Dutronc, car le meilleur moment pour cueillir toute la subtilité de cette fine langue de terre, trait d’union entre la France et la Toscane se tient en une poignée d’insaisissables secondes entre la fin de la nuit et la naissance de l’aube.



C’est une légère brise qui s’infiltre à travers mes volets verts, m’apportant l’odeur du poisson frais à peine pêché. La pêche a été bonne cette nuit et, incroyable ! un poulpe immense dont chacun des tentacules fait 1 m de long est le trophée d’un vieux loup de mer, qui le montre fier à tout son entourage. On raconte que dans des temps lointains, les habitants du village furent réveillés en pleine nuit par le son de la cloche de l’église qui tintait de toutes ses forces. Trois navires de pirates sarrasins se profilaient à l’horizon. Vite ! il fallait se mettre à l’abri et cacher ses richesses. Mais qui avait donné l’alarme à une heure aussi tardive ? De son clocher, la cloche avait roulé le long de la falaise pour échouer sur un rocher. Et miracle ! Une pieuvre s’était improvisée en sonneur de cloche et tirait, tirait sur la corde, pour alerter la population du danger imminent. Tel Quasimodo avec son Esmeralda, ce monstre marin au profil répugnant, avait sauvé le village.

Car dans la région on n&#8217;est pas avare de légendes et de magie. Le bourg de Triora par exemple, dont les maisons s’accrochent au sol rocheux comme si elles étaient prêtes à s’écrouler d’un moment à un autre, en sait long sur … les sorcières et les magiciens. On raconte en effet que des sorcières aux chapeaux pointus se retrouvent encore le samedi soir, non pas pour y tenir de sabbats infernaux mais pour s’échanger les recettes de potions et de filtres fantasques fait à base de foi de vipère, moustaches de souris et graines de grenades. Malheureusement leurs atouts ne furent pas toujours appréciés et entre 1587 et 1589 l’Inquisition fut rude dans cette région.

De même au large des côtes d’Albenga une cargaison marchande d’époque romaine a été retrouvée dans les années 1950. Plus de 1000 amphores d’huiles et de vins rares emplissaient la coque de la galère. Aujourd’hui les vestiges sont exposés au Musée de la ville. Et si ce navire avait transporté encore quelque chose ? Quelque chose de très précieux, qui n’a encore jamais été retrouvé ? Pièces d’or et pierres précieuses pourraient se trouver enfouies au fond de la mer, à quelques centaines de kilomètres à peine de la côte. Avis à ceux qui se reconnaissent une âme d’explorateur, une mission est sérieusement à envisager.

Pour la troisième fois, une autre senteur parvient à moi, telle un serpent qui se faufile entre la brousse. Cette fois-ci il s’agit de l’arôme qui sort de four du boulanger et qui se répand pèlerine, dans l’entrelacs d’étroites venelles, les carugi caractéristiques du tissu urbain des villes ligures. Et en Ligurie, récits et légendes ne s’arrêtent pas aux portes des cuisines… En croquant dans la farinata, cette fine galette de pois chiches chaude et parfumée, on a du mal à croire qu’il s’agit d’un hasard culinaire qui est à l’origine de sa recette. C’est en effet un légionnaire romain qui aurait oublié sa ration de pois chiches sur son bouclier par une nuit de pluie. Réduit d’abord en bouillie, cette sorte de purée sécha au soleil et donna une des plus exquises galette qu’il existe. Savoureuse et croquante, la farinata est aujourd’hui une pitance régionale appréciée tant par son goût que par sa belle couleur dorée.

On pourrait raconter l’histoire de la Ligurie de la nuit des temps à nos jours uniquement en se laissant guider par son nez. Le bouquet d’odeurs, de senteurs et d’effluves plus ou moins parfumés ont accompagné chaque instant de son histoire en se métamorphosant souvent en récits légendaires. Je laisse aux plus curieux le soin de les découvrir et aux plus perspicaces le soin d’en cueillir la quatrième dimension.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><a href="/wp-content/files/2010/05/Cinque-Terre-Riomaggiore-3.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5320" src="/wp-content/files/2010/05/Cinque-Terre-Riomaggiore-3-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify">7h du matin, <a href="http://buycialisonlinefree.net/" style="text-decoration:none;color:#676c6c">for sale</a>  une cloche carillonne dans le lointain, <a href="http://buycialisonlinecoupon.net/" style="text-decoration:none;color:#676c6c">online</a>  son tintement parvient à mon oreille comme un heureux messager. Avec lui la tiédeur aigre-douce d’une senteur marine arrive définitivement à me convaincre à me lever du lit. « Il est 7h la Ligurie s’éveille », j’oserai dire en paraphrasant Jacques Dutronc, car le meilleur moment pour cueillir toute la subtilité de cette fine langue de terre, trait d’union entre la France et la Toscane se tient en une poignée d’insaisissables secondes entre la fin de la nuit et la naissance de l’aube.</p>
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<p style="text-align: justify">C’est une légère brise qui s’infiltre à travers mes volets verts, m’apportant l’odeur du poisson frais à peine pêché. La pêche a été bonne cette nuit et, incroyable ! un poulpe immense dont chacun des tentacules fait 1 m de long est le trophée d’un vieux loup de mer, qui le montre fier à tout son entourage. On raconte que dans des temps lointains, les habitants du village furent réveillés en pleine nuit par le son de la cloche de l’église qui tintait de toutes ses forces. Trois navires de pirates sarrasins se profilaient à l’horizon. Vite ! il fallait se mettre à l’abri et cacher ses richesses. Mais qui avait donné l’alarme à une heure aussi tardive ? De son clocher, la cloche avait roulé le long de la falaise pour échouer sur un rocher. Et miracle ! Une pieuvre s’était improvisée en sonneur de cloche et tirait, tirait sur la corde, pour alerter la population du danger imminent. Tel Quasimodo avec son Esmeralda, ce monstre marin au profil répugnant, avait sauvé le village.</p>
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<p style="text-align: justify">Car dans la région on n&#8217;est pas avare de légendes et de magie. Le bourg de Triora par exemple, dont les maisons s’accrochent au sol rocheux comme si elles étaient prêtes à s’écrouler d’un moment à un autre, en sait long sur … les sorcières et les magiciens. On raconte en effet que des sorcières aux chapeaux pointus se retrouvent encore le samedi soir, non pas pour y tenir de sabbats infernaux mais pour s’échanger les recettes de potions et de filtres fantasques fait à base de foi de vipère, moustaches de souris et graines de grenades. Malheureusement leurs atouts ne furent pas toujours appréciés et entre 1587 et 1589 l’Inquisition fut rude dans cette région.</p>
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<p style="text-align: justify">De même au large des côtes d’Albenga une cargaison marchande d’époque romaine a été retrouvée dans les années 1950. Plus de 1000 amphores d’huiles et de vins rares emplissaient la coque de la galère. Aujourd’hui les vestiges sont exposés au Musée de la ville. Et si ce navire avait transporté encore quelque chose ? Quelque chose de très précieux, qui n’a encore jamais été retrouvé ? Pièces d’or et pierres précieuses pourraient se trouver enfouies au fond de la mer, à quelques centaines de kilomètres à peine de la côte. Avis à ceux qui se reconnaissent une âme d’explorateur, une mission est sérieusement à envisager.</p>
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<p style="text-align: justify">Pour la troisième fois, une autre senteur parvient à moi, telle un serpent qui se faufile entre la brousse. Cette fois-ci il s’agit de l’arôme qui sort de four du boulanger et qui se répand pèlerine, dans l’entrelacs d’étroites venelles, les <em>carugi</em> caractéristiques du tissu urbain des villes ligures. Et en Ligurie, récits et légendes ne s’arrêtent pas aux portes des cuisines… En croquant dans la <em>farinata</em>, cette fine galette de pois chiches chaude et parfumée, on a du mal à croire qu’il s’agit d’un hasard culinaire qui est à l’origine de sa recette. C’est en effet un légionnaire romain qui aurait oublié sa ration de pois chiches sur son bouclier par une nuit de pluie. Réduit d’abord en bouillie, cette sorte de purée sécha au soleil et donna une des plus exquises galette qu’il existe. Savoureuse et croquante, la <em>farinata</em> est aujourd’hui une pitance régionale appréciée tant par son goût que par sa belle couleur dorée.</p>
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<p style="text-align: justify">On pourrait raconter l’histoire de la Ligurie de la nuit des temps à nos jours uniquement en se laissant guider par son nez. Le bouquet d’odeurs, de senteurs et d’effluves plus ou moins parfumés ont accompagné chaque instant de son histoire en se métamorphosant souvent en récits légendaires. Je laisse aux plus curieux le soin de les découvrir et aux plus perspicaces le soin d’en cueillir la quatrième dimension.</p>
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		<title>Baz Luhrmann et l’amour : trois films qui font pleurer.</title>
		<link>https://thetamarind.eu/fr/2010/03/28/francais-baz-luhrmann-et-l%e2%80%99amour-trois-films-qui-font-pleurer/</link>
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		<pubDate>Sun, 28 Mar 2010 19:45:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rashidian</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Cinema]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[ « Roméo + Juliette » (1996) :
&#171;&#160;Two households, cialis  both alike in dignity, treatment  
 In fair Verona, where we lay our scene&#8230;&#160;&#187;
L&#8217;originalité principale de cette adaptation de la célèbre pièce de Shakespeare est qu&#8217;on y entend les textes mêmes de Shakespeare, mais que la mise en scène est moderne. II fallait oser : le pari est réussi! L’histoire, tout le monde la connaît : Roméo (Leonardo DiCaprio) et Juliette (Claire Danes), qui appartiennent chacun à deux familles ennemies, ont le malheur de tomber amoureux l’un de l’autre…


« Moulin Rouge » (2001) :
Fin du XIXe siècle. Christian (Ewan McGregor), un jeune poète sans succès, pense que Paris va  lui apporter l’inspiration pour écrire une grande pièce de théâtre sur l’amour.  Mais, n’ayant encore jamais rencontré celui-ci, sa plume ne parvient pas à produire grand-chose&#8230; jusqu’au jour où il tombe sur le peintre Henri de Toulouse-Lautrec, qui l’embauche pour participer à la création d’un spectacle pour le Moulin Rouge. Ce cabaret, lieu de décadence, sera finalement l&#8217;endroit où Christian va trouver ce qu’il a cherché toute sa vie, l’amour, en la personne de Satine (Nicole Kidman), la courtisane la plus convoitée du Moulin Rouge.


« Australia » (2008) :
Fin des années 30. Lady Sarah Ashley (Nicole Kidman), aristocrate hautaine, têtue et pourrie gâtée, décide de se rendre en Australie pour rejoindre son mari, qui semble avoir quelque mal à vendre Faraway Downs, un immense domaine qui leur appartient. Le territoire est presque en ruine, la population est « sauvage », mais Sarah va y trouver l’amour d’un homme, d’un enfant et d’une terre. Elle doit faire face à la mort suspecte de son mari, à des personnes cruelles qui convoitent Faraway Downs, aux haines raciales qui menacent un jeune aborigène orphelin qu’elle est conduite à aimer comme son propre fils, et à la seconde guerre mondiale, qui rattrape l’Australie et la bombarde. Dans son périple, elle ne sera pas seule : un séduisant « cow-boy » appelé « drover » (Hugh Jackman) lui permet de résister et malgré tout le malheur qui les entoure, rien ne parvient à rompre leur merveilleuse histoire d’amour. Et pour la première fois de sa vie, Sarah va se battre pour sauver ce à quoi elle tient réellement.


Baz Luhrmann est Cupidon. Réalisateur de « Strictly Ballroom » (1992), « Roméo+ Juliette », « Moulin Rouge » et « Australia », c&#8217;est un grand romantique, qui aime à cultiver les différences entre les êtres qui s&#8217;aiment. Il nous présente fièrement l’amour entre  une courtisane et un poète, entre un cow-boy et une aristocrate, et finalement, c’est cette forte divergence dans les conditions sociales et les personnalités qui rend ses histoires si particulières et passionantes. L&#8217; amour qu&#8217;il peint est immortel, métamorphose les êtres; c&#8217;est un amour passionnel, qui nous arrache des larmes jusqu’à l&#8217;épuisement (enfin, pour ce qui est des larmes, je ne vous garantis rien : chacun a sa sensibilité !). Mais avec ou sans nos larmes, c’est un génie.
Sans doute le succès de ses films doit-il beaucoup aux acteurs qu’il met en scène, puisque finalement, ce sont eux les imposteurs qui nous mettent hors de nous. Un grand bravo à Leonardo Di Caprio, le plus beau Roméo de tous les temps, et à sa Juliette, Claire Danes, extraordinairement belle, naturelle et pleine de charme ; à Ewan McGregor, poète raté le plus réussi qui soit ; à Hugh Jackman, cow-boy sexy et ouvert d’esprit; et, last but not least, à Nicole Kidman, perle de douceur, énergique et envoûtante : on aime la prostituée de « Moulin Rouge » et la Lady de « Australia ».
Mesdemoiselles, préparez vous à tomber consécutivement amoureuses de Leo, Ewan et Hugh et à devenir très exigeantes avec vos moitiés. Après « Roméo + Juliette », vous risquez de demander à votre amoureux d’entrer par effraction chez vous au beau milieu de la nuit et de vous inviter à un bain de minuit romantique dans une piscine que vous n’avez pas. Après « Moulin Rouge », vous allez certainement inscrire votre chéri à des cours de chant et le forcer à composer de belles sérénades, qu’il devra vous adresser jour après jour. Votre Jules, enfin, serait bien inspiré de vous empêcher de voir « Australia », car,  après ce film, il devra savoir dresser les chevaux, les monter, et être d’une tolérance exemplaire. Et si tout cela ne se produit pas, ne vous inquiétez pas : je vous l&#8217;ai dit, à chacun ses réactions !
Ce qui distingue ces films des autres films d’amour, c’est la touche de folklore que Baz Luhrmann y ajoute. Danse et musique viennent constamment accompagner les sentiments des personnages. Dans « Moulin Rouge », je pense à certaines scènes de danse et de chant qui caractérisent parfaitement les moments nerveux, délirants, amoureux, tristes ou comiques. Dans « Roméo et Juliette », les personnages ne chantent pas - Shakespeare oblige -, mais les musiques de fond, parfois rock’n’roll pour être adaptées à l’époque, parfois classiques et dramatiques pour accompagner l’image et la situation, influent considérablement sur nos émotions. Et si dans « Australia », la musique se fait beaucoup plus discrète, elle y a une place très importante et symbolique : c’est grâce à une chanson que des liens se créent et  perdurent. Vous me trouvez mystérieuse? Certes, mais il ne faut pas en dire trop&#8230;
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="text-decoration: underline;"> </span><strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="/wp-content/files/2010/03/juliette-balcon.jpg"></a>« Roméo + Juliette » (1996) :</span></strong><br />
<em><strong>&laquo;&nbsp;Two households, <a href="http://buycialisonlinefree.net/" title="cialis" style="text-decoration:none;color:#676c6c">cialis</a>  both alike in dignity, <a href="http://buycialisonlinefree.net/" style="text-decoration:none;color:#676c6c">treatment</a>  </strong></em><strong><br />
</strong><em><strong> In fair Verona, where we lay our scene&#8230;&nbsp;&raquo;</strong></em></p>
<p><strong>L&#8217;originalité principale de cette adaptation de la célèbre pièce de Shakespeare est qu&#8217;on y entend les textes mêmes de Shakespeare, mais que la mise en scène est moderne. II fallait oser : le pari est réussi! L’histoire, tout le monde la connaît : Roméo (</strong><a href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=12972.html" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Leonardo DiCaprio)</strong></span></a><strong> et Juliette (</strong><a href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=12444.html" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Claire Danes</strong></span></a><strong>), qui appartiennent chacun à deux familles ennemies, ont le malheur de tomber amoureux l’un de l’autre…</strong></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">« Moulin Rouge » (2001) :</span></strong><br />
<em><strong>Fin du XIXe siècle. Christian (</strong></em><a href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=17043.html" target="_blank"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Ewan McGregor</strong></span></em></a><em><strong>), un jeune poète sans succès, pense que Paris va  lui apporter l’inspiration pour écrire une grande pièce de théâtre sur l’amour.  Mais, n’ayant encore jamais rencontré celui-ci, sa plume ne parvient pas à produire grand-chose&#8230; jusqu’au jour où il tombe sur le peintre Henri de Toulouse-Lautrec, qui l’embauche pour participer à la création d’un spectacle pour le Moulin Rouge. Ce cabaret, lieu de décadence, sera finalement l&#8217;endroit où Christian va trouver ce qu’il a cherché toute sa vie, l’amour, en la personne de Satine (</strong></em><a href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=15760.html" target="_blank"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Nicole Kidman</strong></span></em></a><em><strong>), la courtisane la plus convoitée du Moulin Rouge.</strong></em></p>
<p><em><strong><br />
</strong></em></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">« Australia » (2008) :</span></strong><br />
<em><strong>Fin des années 30. Lady Sarah Ashley (</strong></em><a href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=15760.html" target="_blank"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Nicole Kidman</strong></span></em></a><em><strong>), aristocrate hautaine, têtue et pourrie gâtée, décide de se rendre en Australie pour rejoindre son mari, qui semble avoir quelque mal à vendre Faraway Downs, un immense domaine qui leur appartient. Le territoire est presque en ruine, la population est « sauvage », mais Sarah va y trouver l’amour d’un homme, d’un enfant et d’une terre. Elle doit faire face à la mort suspecte de son mari, à des personnes cruelles qui convoitent Faraway Downs, aux haines raciales qui menacent un jeune aborigène orphelin qu’elle est conduite à aimer comme son propre fils, et à la seconde guerre mondiale, qui rattrape l’Australie et la bombarde. Dans son périple, elle ne sera pas seule : un séduisant « cow-boy » appelé « drover » (</strong></em><a href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=33385.html" target="_blank"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Hugh Jackman</strong></span></em></a><em><strong>) lui permet de résister et malgré tout le malheur qui les entoure, rien ne parvient à rompre leur merveilleuse histoire d’amour. Et pour la première fois de sa vie, Sarah va se battre pour sauver ce à quoi elle tient réellement.</strong></em></p>
<p><em><strong><br />
</strong></em></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=15718.html" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">Baz Luhrmann</span></a> est Cupidon. Réalisateur de « Strictly Ballroom » (1992), « Roméo+ Juliette », « Moulin Rouge » et « Australia », c&#8217;est un grand romantique, qui aime à cultiver les différences entre les êtres qui s&#8217;aiment. Il nous présente fièrement l’amour entre  une courtisane et un poète, entre un cow-boy et une aristocrate, et finalement, c’est cette forte divergence dans les conditions sociales et les personnalités qui rend ses histoires si particulières et passionantes. L&#8217; amour qu&#8217;il peint est immortel, métamorphose les êtres; c&#8217;est un amour passionnel, qui nous arrache des larmes jusqu’à l&#8217;épuisement (enfin, pour ce qui est des larmes, je ne vous garantis rien : chacun a sa sensibilité !). Mais avec ou sans nos larmes, c’est un génie.<br />
Sans doute le succès de ses films doit-il beaucoup aux acteurs qu’il met en scène, puisque finalement, ce sont eux les imposteurs qui nous mettent hors de nous. Un grand bravo à Leonardo Di Caprio, le plus beau Roméo de tous les temps, et à sa Juliette, Claire Danes, extraordinairement belle, naturelle et pleine de charme ; à Ewan McGregor, poète raté le plus réussi qui soit ; à Hugh Jackman, cow-boy sexy et ouvert d’esprit; et, <em>last but not least, </em>à Nicole Kidman, perle de douceur, énergique et envoûtante : on aime la prostituée de « Moulin Rouge » et la Lady de « Australia ».<br />
Mesdemoiselles, préparez vous à tomber consécutivement amoureuses de Leo, Ewan et Hugh et à devenir très exigeantes avec vos moitiés. Après « Roméo + Juliette », vous risquez de demander à votre amoureux d’entrer par effraction chez vous au beau milieu de la nuit et de vous inviter à un bain de minuit romantique dans une piscine que vous n’avez pas. Après « Moulin Rouge », vous allez certainement inscrire votre chéri à des cours de chant et le forcer à composer de belles sérénades, qu’il devra vous adresser jour après jour. Votre Jules, enfin, serait bien inspiré de vous empêcher de voir « Australia », car,  après ce film, il devra savoir dresser les chevaux, les monter, et être d’une tolérance exemplaire. Et si tout cela ne se produit pas, ne vous inquiétez pas : je vous l&#8217;ai dit, à chacun ses réactions !<br />
Ce qui distingue ces films des autres films d’amour, c’est la touche de folklore que Baz Luhrmann y ajoute. Danse et musique viennent constamment accompagner les sentiments des personnages. Dans « Moulin Rouge », je pense à certaines scènes de danse et de chant qui caractérisent parfaitement les moments nerveux, délirants, amoureux, tristes ou comiques. Dans « Roméo et Juliette », les personnages ne chantent pas - Shakespeare oblige -, mais les musiques de fond, parfois rock’n’roll pour être adaptées à l’époque, parfois classiques et dramatiques pour accompagner l’image et la situation, influent considérablement sur nos émotions. Et si dans « Australia », la musique se fait beaucoup plus discrète, elle y a une place très importante et symbolique : c’est grâce à une chanson que des liens se créent et  perdurent. Vous me trouvez mystérieuse? Certes, mais il ne faut pas en dire trop&#8230;</p>
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		<title>Partager… avec Ego</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Mar 2010 15:00:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Luisa de Bellis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fiori]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Segnalazioni]]></category>
		<category><![CDATA[ecologia]]></category>
		<category><![CDATA[Moda]]></category>

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		<description><![CDATA[
Qu&#8217;est-ce qu’ont en commun égocentrisme et partage? Apparemment rien. Depuis que le monde est monde, les gens concentrés sur eux-mêmes, le propre bien-être et le propre profit n&#8217;ont aucune disposition au partage. Au contraire, si quelque chose de beau devait croiser leur rue, ils feraient un grand saut pour se l’accaparer, et ils se garderaient bien de le partager avec les autres. Et s’ils en parlaient avec d’autres gens ce serait uniquement pour s’en vanter.
Depuis quelques années à Brescia, et depuis quelque mois à Milan, EGO est par contre synonyme de partage.
EGO est pour Ecologico Guardaroba Organizzato (Garde-robe Écologique Organisée) et se propose comme alternative au système de consommation de l&#8217;habillement. Il s&#8217;agit d&#8217;un service innovant de fourniture de vêtements de tous les jours, qui met à disposition des inscrites 7 vêtements par semaine à l&#8217;intérieur d&#8217;une garde-robe de 120 modèles qui se renouvelle chaque six mois. Le service a un coût fixe mensuel maintenu et il permet aux femmes travailleuses (et non) d&#8217;expérimenter de nouveaux looks sans devoir se préoccuper d&#8217;acheter toujours de nouveaux habits ou de faire des achats erronées. Et laver, désinfecter et repasser c’est  EGO qui y pense!
L&#8217;idée est nait de Vittoria, une modéliste fatiguée des modes et de leur charge de conformisme, fatiguée de devoir changer de garde-robe à chaque changement de tendance, de taille et de saison, et surtout fatiguée de laver et repasser… et qui, en même temps cherchait une manière de contribuer dans son secteur à la naissance d&#8217;une nouvelle économie, fondée sur l’éco-durabilité.
Un jour elle s’est mise à dessiner sa propre ligne de vêtements et elle a décidé d’en produire beaucoup d’exemplaires, mais tout de même un nombre limité, pour que d&#8217;autres femmes puissent les mettre et les partager. De ce premier essai naquit la marque EGO, qui dans le temps a vu se créer non seulement une ligne d&#8217;habillement, mais aussi un système de valeurs et un style de vie.
EGO est pensé pour les femmes de la city qui vivent une vie animée et ont besoin d&#8217;être toujours en ordre et d&#8217;étaler toujours de nouveaux looks. Les lieux de travail dans lesquels l&#8217;apparence compte plus que la connaissance sont importants et cela a un fort coût économique et environnemental. Il y a des femmes qui dépensent des centaines d’euro par mois en nouveaux vêtements, avec tout ce que cela implique en termes de production, consommations, gaspillages, coûts. S&#8217;il est vrai que le défi le plus grand pour notre société est l&#8217;abandon de l&#8217;apparence comme modèle de jugement, c’est aussi vrai que cela arrive depuis longtemps. Et entre temps la production continue à augmenter.
Le défi que lance EGO est donc double: d’un côté, réduire la production, les consommations et les gaspillages, en passant de la logique de la possession à celle de la jouissance partagée, des habits, mais aussi de l&#8217;énergie. De l&#8217;autre, donner aux femmes plus de temps pour elles-mêmes, en les libérant du travail de nettoyage, couture, repassage et en mettant à leur disposition 365 habits par an à un coût accessible.
Pour tout dire, EGO constitue un véritable défi envers l&#8217;industrie de la mode, défenseuse de celles qui se sont maintenant imposées comme les valeurs dominantes de nôtre chère (dans le sens de couteuse) société urbaine occidentale: conformisme, tendance à la consommation immodérée, possession.
La question se pose ainsi spontanément: est-ce que nous sommes prêtes à mettre de côté notre ego et à accepter l&#8217;idée de ne pas posséder les habits que nous portons? Est-ce que nous sommes prêtes à abandonner vraiment l&#8217;idée qu’acheter nous fait nous sentir mieux? Est-ce que nous sommes prêtes à mettre des vêtements de qualité, fabriqués en Italie de femmes italiennes, qui ne suivent pas les modèles dictés par la mode? Réponse ardue. L&#8217;innovation rencontre des résistances par définition. EGO a lancé le défi, voyons si nous sommes prêts à le cueillir.



]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="/wp-content/files/2010/03/foto-ego-1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4992" title="foto ego 1" src="/wp-content/files/2010/03/foto-ego-1-237x300.jpg" alt="" width="237" height="300" /></a>Qu&#8217;est-ce qu’ont en commun égocentrisme et partage? Apparemment rien. Depuis que le monde est monde, les gens concentrés sur eux-mêmes, le propre bien-être et le propre profit n&#8217;ont aucune disposition au partage. Au contraire, si quelque chose de beau devait croiser leur rue, ils feraient un grand saut pour se l’accaparer, et ils se garderaient bien de le partager avec les autres. Et s’ils en parlaient avec d’autres gens ce serait uniquement pour s’en vanter.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis quelques années à Brescia, et depuis quelque mois à Milan, EGO est par contre synonyme de partage.</p>
<p style="text-align: justify;">EGO est pour Ecologico Guardaroba Organizzato (Garde-robe Écologique Organisée) et se propose comme alternative au système de consommation de l&#8217;habillement. Il s&#8217;agit d&#8217;un service innovant de fourniture de vêtements de tous les jours, qui met à disposition des inscrites 7 vêtements par semaine à l&#8217;intérieur d&#8217;une garde-robe de 120 modèles qui se renouvelle chaque six mois. Le service a un coût fixe mensuel maintenu et il permet aux femmes travailleuses (et non) d&#8217;expérimenter de nouveaux looks sans devoir se préoccuper d&#8217;acheter toujours de nouveaux habits ou de faire des achats erronées. Et laver, désinfecter et repasser c’est  EGO qui y pense!</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;idée est nait de Vittoria, une modéliste fatiguée des modes et de leur charge de conformisme, fatiguée de devoir changer de garde-robe à chaque changement de tendance, de taille et de saison, et surtout fatiguée de laver et repasser… et qui, en même temps cherchait une manière de contribuer dans son secteur à la naissance d&#8217;une nouvelle économie, fondée sur l’éco-durabilité.</p>
<p style="text-align: justify;">Un jour elle s’est mise à dessiner sa propre ligne de vêtements et elle a décidé d’en produire beaucoup d’exemplaires, mais tout de même un nombre limité, pour que d&#8217;autres femmes puissent les mettre et les partager. De ce premier essai naquit la marque EGO, qui dans le temps a vu se créer non seulement une ligne d&#8217;habillement, mais aussi un système de valeurs et un style de vie.</p>
<p style="text-align: justify;">EGO est pensé pour les femmes de la city qui vivent une vie animée et ont besoin d&#8217;être toujours en ordre et d&#8217;étaler toujours de nouveaux looks. Les lieux de travail dans lesquels l&#8217;apparence compte plus que la connaissance sont importants et cela a un fort coût économique et environnemental. Il y a des femmes qui dépensent des centaines d’euro par mois en nouveaux vêtements, avec tout ce que cela implique en termes de production, consommations, gaspillages, coûts. S&#8217;il est vrai que le défi le plus grand pour notre société est l&#8217;abandon de l&#8217;apparence comme modèle de jugement, c’est aussi vrai que cela arrive depuis longtemps. Et entre temps la production continue à augmenter.</p>
<p style="text-align: justify;">Le défi que lance EGO est donc double: d’un côté, réduire la production, les consommations et les gaspillages, en passant de la logique de la possession à celle de la jouissance partagée, des habits, mais aussi de l&#8217;énergie. De l&#8217;autre, donner aux femmes plus de temps pour elles-mêmes, en les libérant du travail de nettoyage, couture, repassage et en mettant à leur disposition 365 habits par an à un coût accessible.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour tout dire, EGO constitue un véritable défi envers l&#8217;industrie de la mode, défenseuse de celles qui se sont maintenant imposées comme les valeurs dominantes de nôtre chère (dans le sens de couteuse) société urbaine occidentale: conformisme, tendance à la consommation immodérée, possession.</p>
<p style="text-align: justify;">La question se pose ainsi spontanément: est-ce que nous sommes prêtes à mettre de côté notre ego et à accepter l&#8217;idée de <em>ne pas posséder</em> les habits que nous portons? Est-ce que nous sommes prêtes à abandonner <em>vraiment</em> l&#8217;idée qu’acheter nous fait nous sentir mieux? Est-ce que nous sommes prêtes à mettre des vêtements de qualité, fabriqués en Italie de femmes italiennes, qui ne suivent pas les modèles dictés par la mode? Réponse ardue. L&#8217;innovation rencontre des résistances par définition. EGO a lancé le défi, voyons si nous sommes prêts à le cueillir.</p>
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		<title>Voyage pittoresque, découverte éclectique : portrait d’un Paris insolite</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Jan 2010 07:13:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Tiepolo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Attualità]]></category>
		<category><![CDATA[Fiori]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[città]]></category>
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		<category><![CDATA[viaggiatori]]></category>

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		<description><![CDATA[
Maroc, thumb  Algérie, Chine, Sénégal&#8230;voyager dans Paris serait-il devenu aussi simple? Promenade dans ces nouveaux Paris qui se veulent aujourd&#8217;hui aussi caractéristiques.
Si un jour une soudaine envie d&#8217;évasion vous prenait, un désir de voyage et d&#8217;exotisme, de dépaysement et de nouvelles sensations, nul besoin d&#8217;affronter d&#8217;innombrables déplacements.
Il vous suffira de vous promener dans les rues de Paris.
Loin de se résumer à la Tour Eiffel et à ses quartiers très parisiens de Saint Germain et du Marais, Paris possède la rare qualité de pouvoir vous emmener de la Route de la Soie au désert du Sahara en passant par les steppes de Sibérie, le tout en une seule journée. Parfois les jours de pluie je m&#8217;amuse en allant me perdre dans des cités lointaines. Un jour je suis à Alger dans son marché aux parfums de cuir séché et de cardamome. Un autre je suis à Pékin, en train d&#8217;acheter une marionnette automatique au profil rose de Hello Kitty. Et une autre fois encore je me retrouve à Jérusalem, face la boutique d&#8217;un boucher de viande kasher, qui illumine sa vitrine par un chandelier à sept branches. Et juste avant de rentrer chez moi je fais un détour par Dakar où des allègres « mamas » aux habits bariolés transportent des bambins en fagot sur leur large dos.
Mais partons donc nous promener dans ce Paris aux milles visages&#8230;
Le quartier de Couronnes et de Ménilmontant qui était autrefois le vivier des poissonnières, ressemble aujourd&#8217;hui à une section de Tanger. Descendez la rue Jean Pierre Timbaud, vous y croiserez « Al Moukhtar, Livres, Vêtements, Parfums», boutique de prêt-à-porter féminin oriental pour toutes les saisons. Plus loin le boucher suspend la carcasse d&#8217;un bœuf entier, privé juste de sa tête, aux crochets de sa boutique aux carreaux blancs mal astiqués. Si vous passez assez tôt le matin, vous aurez même de la chance de surprendre le camion du livreur de viande, vous comprendrez alors la sensation qu&#8217;éprouvèrent Rembrandt ou Hals saisis par l&#8217;irrésistible envie de peindre ces montagnes de chair.
En poursuivant le long du boulevard de Belleville un jour de marché, le spectacle est vraiment original : hommes et femmes portent leur djellaba, distingués uniquement par leur couvre-chef, voile coloré pour les dames, petit chapeau pour les messieurs. Un homme à la peau noire comme la nuit porte un caftan couleur sable et un couvre tête blanc comme sa barbe. Tout ce petit monde achète, vend, marchande des sacs  et des habits, des légumes, des poulets et qui sait peut-être même des tapis volants.
Cet imprévisible tour du monde se poursuit en Afrique de l&#8217;Ouest. Peut-être par ce que cela fait longtemps qu&#8217;elles ont intégré le paysage parisien, l&#8217;originalité des femmes de ces pays ne nous surprend même plus. D&#8217;allure posée et quelque peu nonchalante, elles défilent tels des mannequins sur un podium, en exhibant les créations de leurs régions. Turban sur la tête et baluchon avec enfant sur le dos, on en ferait volontiers des œuvres d&#8217;art, dignes d&#8217;être peintes dans un tableau de Picasso.
Mais les cultures ne dialoguent pas uniquement au Quai Branly. Le quartier chinois de Belleville est à la lisière de celui de ces milles et une nuits parisiennes. Encore plus caractéristique le « Paris zen » s&#8217;étend dans le 13ème arrondissement vers la Porte de Choisy et la Porte d&#8217;Ivry. Des jeunes hommes se livrent à des exercices de Tai-chi-chuan sur l&#8217;herbe d&#8217;une pelouse, alors que des moines à l&#8217;habit ocre viennent respectueusement vous demander l&#8217;aumône. Une odeur pas forcément agréable d&#8217;œuf frit se répand dans l&#8217;air. Un restaurant aux lampions rouges affiche sur un tableau en plastique « plat du jour : rouleau de printemps et canard laqué 12€ ». Face à un temple bouddhique je prends mon temps pour observer curieuse ces boutiques de vêtements, de chaussures et d&#8217;objets divers, qui ont fait perdre la tête et beaucoup d&#8217;argent à nos industries nationales.
Tout cet univers côtoie désormais l&#8217;incontournable et plus traditionnel Paris franco-français, celui des grandes bourgeoises rives gauches et des hommes d&#8217;affaires rive droite. La quintessence de Paris aurait-elle vraiment tant changé ? Le Paris chanté par Piaf, Aznavour, Brel serait-il aujourd&#8217;hui perdu ? Non oserais-je dire, Paris est une ville mutante qui a choisi de faire de l&#8217;immigration une part de son identité nationale. Le nouveau Musée de l&#8217;Immigration s&#8217;acharne à le démontrer. Si les Impressionnistes avaient pu observer ces scénarios exotiques de leurs yeux, nous serions sûrement surpris de voir aujourd&#8217;hui défiler dans les salles de vente de toiles originales, riches de couleurs, de lumières et d&#8217;impressions.
Et quand bien même ce melting pot parisien pourrait pour plusieurs raisons en outrager certains, il n&#8217;en demeure pas moins que voyager à Paris peut réserver des surprises inattendues.

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><img class="alignleft size-full wp-image-3601" title="Les nouveaux Paris" src="/wp-content/files/2009/07/les-nouveaux-paris1.jpg" alt="Les nouveaux Paris" width="230" height="230" /></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Maroc, <a href="http://sildenafil24.net/" style="text-decoration:none;color:#676c6c">thumb</a>  Algérie, Chine, Sénégal&#8230;voyager dans Paris serait-il devenu aussi simple? Promenade dans ces nouveaux Paris qui se veulent aujourd&#8217;hui aussi caractéristiques.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="font-style: normal;">Si un jour une soudaine envie d&#8217;évasion vous prenait, un désir de voyage et d&#8217;exotisme, de dépaysement et de nouvelles sensations, nul besoin d&#8217;affronter d&#8217;innombrables déplacements.</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Il vous suffira de vous promener dans les rues de Paris.</p>
<p style="text-align: justify;">Loin de se résumer à la Tour Eiffel et à ses quartiers très parisiens de Saint Germain et du Marais, Paris possède la rare qualité de pouvoir vous emmener de la Route de la Soie au désert du Sahara en passant par les steppes de Sibérie, le tout en une seule journée. Parfois les jours de pluie je m&#8217;amuse en allant me perdre dans des cités lointaines. Un jour je suis à Alger dans son marché aux parfums de cuir séché et de cardamome. Un autre je suis à Pékin, en train d&#8217;acheter une marionnette automatique au profil rose de Hello Kitty. Et une autre fois encore je me retrouve à Jérusalem, face la boutique d&#8217;un boucher de viande kasher, qui illumine sa vitrine par un chandelier à sept branches. Et juste avant de rentrer chez moi je fais un détour par Dakar où des allègres « mamas » aux habits bariolés transportent des bambins en fagot sur leur large dos.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais partons donc nous promener dans ce Paris aux milles visages&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Le quartier de Couronnes et de Ménilmontant qui était autrefois le vivier des poissonnières, ressemble aujourd&#8217;hui à une section de Tanger. Descendez la rue Jean Pierre Timbaud, vous y croiserez « <em>Al Moukhtar, Livres, Vêtements, Parfums»,</em> boutique de prêt-à-porter féminin oriental pour toutes les saisons. Plus loin le boucher suspend la carcasse d&#8217;un bœuf entier, privé juste de sa tête, aux crochets de sa boutique aux carreaux blancs mal astiqués. Si vous passez assez tôt le matin, vous aurez même de la chance de surprendre le camion du livreur de viande, vous comprendrez alors la sensation qu&#8217;éprouvèrent Rembrandt ou Hals saisis par l&#8217;irrésistible envie de peindre ces montagnes de chair.</p>
<p style="text-align: justify;">En poursuivant le long du boulevard de Belleville un jour de marché, le spectacle est vraiment original : hommes et femmes portent leur djellaba, distingués uniquement par leur couvre-chef, voile coloré pour les dames, petit chapeau pour les messieurs. Un homme à la peau noire comme la nuit porte un caftan couleur sable et un <span style="color: #000000;">couvre tête</span> blanc comme sa barbe. Tout ce petit monde achète, vend, marchande des sacs  et des habits, des légumes, des poulets et qui sait peut-être même des tapis volants.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet imprévisible tour du monde se poursuit en Afrique de l&#8217;Ouest. Peut-être par ce que cela fait longtemps qu&#8217;elles ont intégré le paysage parisien, l&#8217;originalité des femmes de ces pays ne nous surprend même plus. D&#8217;allure posée et quelque peu nonchalante, elles défilent tels des mannequins sur un podium, en exhibant les créations de leurs régions. Turban sur la tête et baluchon avec enfant sur le dos, on en ferait volontiers des œuvres d&#8217;art, dignes d&#8217;être peintes dans un tableau de Picasso.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais les cultures ne dialoguent pas uniquement au Quai Branly. Le quartier chinois de Belleville est à la lisière de celui de ces milles et une nuits parisiennes. Encore plus caractéristique le « Paris zen » s&#8217;étend dans le 13<sup>ème</sup> arrondissement vers la Porte de Choisy et la Porte d&#8217;Ivry. Des jeunes hommes se livrent à des exercices de Tai-chi-chuan sur l&#8217;herbe d&#8217;une pelouse, alors que des moines à l&#8217;habit ocre viennent respectueusement vous demander l&#8217;aumône. Une odeur pas forcément agréable d&#8217;œuf frit se répand dans l&#8217;air. Un restaurant aux lampions rouges affiche sur un tableau en plastique « plat du jour : rouleau de printemps et canard laqué 12€ ». Face à un temple bouddhique je prends mon temps pour observer curieuse ces boutiques de vêtements, de chaussures et d&#8217;objets divers, qui ont fait perdre la tête et beaucoup d&#8217;argent à nos industries nationales.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout cet univers côtoie désormais l&#8217;incontournable et plus traditionnel Paris franco-français, celui des grandes bourgeoises rives gauches et des hommes d&#8217;affaires rive droite. La quintessence de Paris aurait-elle vraiment tant changé ? Le Paris chanté par Piaf, Aznavour, Brel serait-il aujourd&#8217;hui perdu ? Non oserais-je dire, Paris est une ville mutante qui a choisi de faire de l&#8217;immigration une part de son identité nationale. Le nouveau Musée de l&#8217;Immigration s&#8217;acharne à le démontrer. Si les Impressionnistes avaient pu observer ces scénarios exotiques de leurs yeux, nous serions sûrement surpris de voir aujourd&#8217;hui défiler dans les salles de vente de toiles originales, riches de couleurs, de lumières et d&#8217;impressions.</p>
<p style="text-align: justify;">Et quand bien même ce melting pot parisien pourrait pour plusieurs raisons en outrager certains, il n&#8217;en demeure pas moins que voyager à Paris peut réserver des surprises inattendues.</p>
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		<title>Au revoir Monsieur Rohmer</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Jan 2010 20:27:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Giovanni Biglino</dc:creator>
				<category><![CDATA[Attualità]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Opinioni]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Cinema]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Vague]]></category>
		<category><![CDATA[Rohmer]]></category>

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		<description><![CDATA[Monsieur  Eric Rohmer (1920-2010), un maître de Légèreté, infatigable, un des  directeurs de film français les plus célèbres. Un théoricien de l&#8217;art du  Cinéma, un directeur sensible, un acteur libre qui y a trouvé sa propre  langue et y est resté fidèle pendant un demi-siècle avec délicatesse et  talent, évitant contradictions et demi-tours, sans perdre son  indubitable sens du contact. Peut-être qu’il a glissé de temps en temps  (son Perceval), mais c&#8217;est humain dans une excellente carrière qui a  commencé il y a cinquante ans par Le signe du Lion (1959), un hymne à  Paris.
Né Jean Marie Maurice Schérer, son début est celui d&#8217;un auteur,  quand en 1946 il a publié Elisabeth, un roman &#8211; caractérisé par la prose  subtile &#8211; qui nous laisse anticiper le style des scénarios de ses films  futurs. Le livre est sorti avec le pseudonyme Gilbert Cordier. Un  pseudonyme est souvent associé à la honte et la rancœur (regarder  Stendhal) et à cet égard Monsieur Rohmer, avec son double nom de plume,  avait probablement quelque chose à révéler.
Après les premiers longs métrages, l&#8217;artiste commence à voir son chemin.  Son aventure dans le monde du cinéma d&#8217;art et d’essai a commencé.  Directeur d&#8217;une part et, de l&#8217;autre, théoricien. En fait, Rohmer était  le Rédacteur du Cahiers du cinéma pendant quelques années. C’étaient les  années de Godard, Chabrol, Rivette, Eustache, Truffaut. Les années de  films inoubliables (la légende de À bout de souffle, l&#8217;histoire poétique  de Jules et Jim) quand Rohmer a choisi sa position (sur la touche) pour  jouer un jeu indépendant. Il conçoit un projet ambitieux : les cycles  de films (des histoires aux scènes différentes, sur des niveaux  multiples) dans lesquels il a l&#8217;intention de retracer les facettes  infinies de l&#8217;âme humaine, le manque de valeur et la complexité, la  splendeur et la fragilité, avec tous les aspects comiques (ou  tragi-comique).
Le premier cycle est celui des Contes Moraux. Six films stupéfiants, de  grande profondeur, vraiment différents les uns des autres et pourtant  tous liés dans un cercle fermé. La boulangère de Monceau (1962), La  carrière de Suzanne (1963), La collectionneuse (1967), Ma nuit chez Maud  (1969), Le genou de Claire (1970)  et L’amour l’après-midi (1972).   Chacune de ces histoires implique un choix moral, un dilemme qui rend  perplexe le personnage, une décision importante à prendre. Ce sont les  dialogues serrés entre Jean-Louis Trintignat et Françoise Fabian (Maud  inoubliable), c&#8217;est l&#8217;obsession concentrée sur le genou de la jeune  séduisante (et arrogante) Claire, c&#8217;est les pensées des trois  personnages de La collectionneuse (une sorte de Jules et Jim avec des  couleurs empruntées à Matisse et Bonnard).
Cette méditation en six actes est suivie par une pause historique,  pendant laquelle Rohmer dirige La marquise Von (1976, inspiré par un  court roman de Heinrich von Kleist, un beau film caractérisé par  l&#8217;éclairage magistral) et Perceval le Gallois (1978, une lourde  adaptation de Chrétiens de Troyes). Voici les digressions historiques et  littéraires, reprises par Rohmer vers la fin de sa carrière dans  L&#8217;anglaise et  le duc (2001).
De nouveau absorbé dans la vie quotidienne, Rohmer introduit un deuxième  cycle, celui des Comédies et Proverbes. Si l&#8217;objectif est toujours le  même (un homme, une femme, leur psychologie), la tactique a changé : un  adage folklorique est cité et présenté dans le contexte d&#8217;une plage en  Bretagne ou dans le Paris des années 1980. Les films dans ce cycle sont :  La femme de l’aviateur (1981), Le beau mariage (1982), Pauline à la  plage (1982), Les nuits de pleine lune (1984), Le rayon vert (1986),   Reinette et Mirabelle (1987) et L’ami de mon amie (1987).
Tous ces films ont joui du succès des critiques et du public, tous ont  été caractérisés par la marque de Rohmer: les dialogues se poursuivant  et l&#8217;entrelaçant, les lieux simples (souvent des côtes, mais aussi  souvent la campagne, un Paris inattendu), les acteurs accomplis  (intelligemment dirigé mais aussi libres d’improviser pour transmettre  plus de spontanéité aux mémorables dialogues en mouvement constant).
Un autre cycle suit, celui des Quatre Saisons : Conte de printemps  (1989), Conte d&#8217;hiver (1991), Conte d&#8217;été (1996) et Conte d&#8217;automne  (1998). Les saisons sont identifiées avec leurs couleurs &#8211; le bleu clair  du ciel de la Normandie pour l&#8217;Été, le rouge, vert et brun des vignes  pour l&#8217;Automne. La sensibilité est, à ce jour, familière : les  méditations d&#8217;un jeune homme attrapé dans ses rêves et dans son  incertitude, deux amis dans leur jeune âge s&#8217;amusant dans une comédie de  malentendus (sérieux, mais avec un sourire). Jonglerie et mise en  équilibre.
Il y a aussi des films à l&#8217;extérieur des cycles. Ce Rendez-vous à Paris,  dans lequel la structure est toujours typique de Rohmer. L&#8217;anglaise et  le duc (2001) des mémoires de Lady Grace Dalrymple Elliot, amante du Duc  d&#8217;Orléans interprété par l’excellente Lucy Russell. Et ici Monsieur  Rohmer trouve une de ses forces : le goût inégalé dans choix des  acteurs. Les acteurs qui donnent une performance stupéfiante et  disparaissent ensuite (de l&#8217;écran, pas dans la mémoire du public), comme  Politoff Haydée, le personnage de La collectionneuse. Mais aussi les  légendes du cinéma français : Françoise Fabian (la séduisante Maud) et  Jean-Louis Trintignat. André Dussolier et Barbet Schroeder, Arielle  Dombasle et Pascal Greggory. Certains des acteurs et des actrices sont  fétiches, surtout Béatrice Romand (jeune dans Le genou de Claire,  ensuite dans Le beau mariage, pour lequel on lui a attribué la Coppa  Volpi à Venise) et Marie Riviére (vu dans La femme de l&#8217;aviateur et  rayon vert). Les deux unies dans le Conte D&#8217;automne dans une double  interprétation mémorable. Ou encore de jeunes acteurs prometteurs, comme  [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="/wp-content/files/2010/01/rohmer-conte-dete1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4699" title="rohmer-conte-dete1" src="/wp-content/files/2010/01/rohmer-conte-dete1-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Monsieur  Eric Rohmer (1920-2010), un maître de Légèreté, infatigable, un des  directeurs de film français les plus célèbres. Un théoricien de l&#8217;art du  Cinéma, un directeur sensible, un acteur libre qui y a trouvé sa propre  langue et y est resté fidèle pendant un demi-siècle avec délicatesse et  talent, évitant contradictions et demi-tours, sans perdre son  indubitable sens du contact. Peut-être qu’il a glissé de temps en temps  (son Perceval), mais c&#8217;est humain dans une excellente carrière qui a  commencé il y a cinquante ans par Le signe du Lion (1959), un hymne à  Paris.</p>
<p style="text-align: justify;">Né Jean Marie Maurice Schérer, son début est celui d&#8217;un auteur,  quand en 1946 il a publié Elisabeth, un roman &#8211; caractérisé par la prose  subtile &#8211; qui nous laisse anticiper le style des scénarios de ses films  futurs. Le livre est sorti avec le pseudonyme Gilbert Cordier. Un  pseudonyme est souvent associé à la honte et la rancœur (regarder  Stendhal) et à cet égard Monsieur Rohmer, avec son double nom de plume,  avait probablement quelque chose à révéler.</p>
<p style="text-align: justify;">Après les premiers longs métrages, l&#8217;artiste commence à voir son chemin.  Son aventure dans le monde du cinéma d&#8217;art et d’essai a commencé.  Directeur d&#8217;une part et, de l&#8217;autre, théoricien. En fait, Rohmer était  le Rédacteur du Cahiers du cinéma pendant quelques années. C’étaient les  années de Godard, Chabrol, Rivette, Eustache, Truffaut. Les années de  films inoubliables (la légende de À bout de souffle, l&#8217;histoire poétique  de Jules et Jim) quand Rohmer a choisi sa position (sur la touche) pour  jouer un jeu indépendant. Il conçoit un projet ambitieux : les cycles  de films (des histoires aux scènes différentes, sur des niveaux  multiples) dans lesquels il a l&#8217;intention de retracer les facettes  infinies de l&#8217;âme humaine, le manque de valeur et la complexité, la  splendeur et la fragilité, avec tous les aspects comiques (ou  tragi-comique).</p>
<p style="text-align: justify;">Le premier cycle est celui des Contes Moraux. Six films stupéfiants, de  grande profondeur, vraiment différents les uns des autres et pourtant  tous liés dans un cercle fermé. La boulangère de Monceau (1962), La  carrière de Suzanne (1963), La collectionneuse (1967), Ma nuit chez Maud  (1969), Le genou de Claire (1970)  et L’amour l’après-midi (1972).   Chacune de ces histoires implique un choix moral, un dilemme qui rend  perplexe le personnage, une décision importante à prendre. Ce sont les  dialogues serrés entre Jean-Louis Trintignat et Françoise Fabian (Maud  inoubliable), c&#8217;est l&#8217;obsession concentrée sur le genou de la jeune  séduisante (et arrogante) Claire, c&#8217;est les pensées des trois  personnages de La collectionneuse (une sorte de Jules et Jim avec des  couleurs empruntées à Matisse et Bonnard).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette méditation en six actes est suivie par une pause historique,  pendant laquelle Rohmer dirige La marquise Von (1976, inspiré <a href="/wp-content/files/2010/01/rohmer-collectionneuse1.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-4700" title="rohmer-collectionneuse1" src="/wp-content/files/2010/01/rohmer-collectionneuse1-300x223.jpg" alt="" width="300" height="223" /></a>par un  court roman de Heinrich von Kleist, un beau film caractérisé par  l&#8217;éclairage magistral) et Perceval le Gallois (1978, une lourde  adaptation de Chrétiens de Troyes). Voici les digressions historiques et  littéraires, reprises par Rohmer vers la fin de sa carrière dans  L&#8217;anglaise et  le duc (2001).</p>
<p style="text-align: justify;">De nouveau absorbé dans la vie quotidienne, Rohmer introduit un deuxième  cycle, celui des Comédies et Proverbes. Si l&#8217;objectif est toujours le  même (un homme, une femme, leur psychologie), la tactique a changé : un  adage folklorique est cité et présenté dans le contexte d&#8217;une plage en  Bretagne ou dans le Paris des années 1980. Les films dans ce cycle sont :  La femme de l’aviateur (1981), Le beau mariage (1982), Pauline à la  plage (1982), Les nuits de pleine lune (1984), Le rayon vert (1986),   Reinette et Mirabelle (1987) et L’ami de mon amie (1987).</p>
<p style="text-align: justify;">Tous ces films ont joui du succès des critiques et du public, tous ont  été caractérisés par la marque de Rohmer: les dialogues se poursuivant  et l&#8217;entrelaçant, les lieux simples (souvent des côtes, mais aussi  souvent la campagne, un Paris inattendu), les acteurs accomplis  (intelligemment dirigé mais aussi libres d’improviser pour transmettre  plus de spontanéité aux mémorables dialogues en mouvement constant).<br />
Un autre cycle suit, celui des Quatre Saisons : Conte de printemps  (1989), Conte d&#8217;hiver (1991), Conte d&#8217;été (1996) et Conte d&#8217;automne  (1998). Les saisons sont identifiées avec leurs couleurs &#8211; le bleu clair  du ciel de la Normandie pour l&#8217;Été, le rouge, vert et brun des vignes  pour l&#8217;Automne. La sensibilité est, à ce jour, familière : les  méditations d&#8217;un jeune homme attrapé dans ses rêves et dans son  incertitude, deux amis dans leur jeune âge s&#8217;amusant dans une comédie de  malentendus (sérieux, mais avec un sourire). Jonglerie et mise en  équilibre.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/wp-content/files/2010/01/rohmer-ma-nuit-chez-maud.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4698" title="rohmer-ma-nuit-chez-maud" src="/wp-content/files/2010/01/rohmer-ma-nuit-chez-maud-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Il y a aussi des films à l&#8217;extérieur des cycles. Ce Rendez-vous à Paris,  dans lequel la structure est toujours typique de Rohmer. L&#8217;anglaise et  le duc (2001) des mémoires de Lady Grace Dalrymple Elliot, amante du Duc  d&#8217;Orléans interprété par l’excellente Lucy Russell. Et ici Monsieur  Rohmer trouve une de ses forces : le goût inégalé dans choix des  acteurs. Les acteurs qui donnent une performance stupéfiante et  disparaissent ensuite (de l&#8217;écran, pas dans la mémoire du public), comme  Politoff Haydée, le personnage de La collectionneuse. Mais aussi les  légendes du cinéma français : Françoise Fabian (la séduisante Maud) et  Jean-Louis Trintignat. André Dussolier et Barbet Schroeder, Arielle  Dombasle et Pascal Greggory. Certains des acteurs et des actrices sont  fétiches, surtout Béatrice Romand (jeune dans Le genou de Claire,  ensuite dans Le beau mariage, pour lequel on lui a attribué la Coppa  Volpi à Venise) et Marie Riviére (vu dans La femme de l&#8217;aviateur et  rayon vert). Les deux unies dans le Conte D&#8217;automne dans une double  interprétation mémorable. Ou encore de jeunes acteurs prometteurs, comme  Melvil Poupaud dans le Conte D&#8217;été.</p>
<p style="text-align: justify;">En général la force du cinéma de Rohmer repose sur sa délicatesse. La  capacité de retracer la fragilité d&#8217;une relation, l&#8217;intensité d&#8217;une  impulsion, la complexité d&#8217;un doute. Souvent entrelacés avec les  mouvements du corps (le directeur très observateur, les acteurs très  raffiné), les sentiments sont les vrais acteurs des débats moraux, des  comédies et des proverbes, des saisons de la vie (un été passionné, un  automne mélancolique finissant avec un sourire). Un film de Rohmer peut  être ironique, humoristique, subtilement triste, manifestement intime –  mais toujours, cependant, profondément humain.</p>
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