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Le Tamarinier avait aimé : Un Renoir bien classique

25 mai 2010
Posté Agenda
de anne-laure poisson

renoir-expoPrésentée jusqu’au 4 janvier dans les galeries du Grand Palais avant Los Angeles et Philadelphie, ampoule Renoir au XXe siècle semblait alléchante mais se révéla plutôt décevante.

De grandes ambitions

Le XXe siècle c’est l’époque où celui qui « commence à savoir peindre » selon ses propres mots en 1913 se tourne vers le classicisme et les grands maîtres. L’exposition retrace donc en 15 sections les dernières années du peintre où il acquiert à la fois une reconnaissance officielle avec l’achat de son premier tableau par l’Eat (Jeunes filles au piano) mais aussi celle de la jeune garde avec des nus gigantesques (Les Baigneuses), and en passant par des scènes domestiques ou des bronzes.

Des vœux pieux

Les commissaires ont voulu montrer une facette de Renoir trop peu connue et mal appréciée à leur goût. Et de fait les panneaux répètent inlassablement la grandeur du désamour. Les légendes de plusieurs tableaux soulignent que ceux-ci ont été précédemment possessions de musées avant d’être revendus. Voila pour la volonté. Seulement on a tous en tête des images des tableaux de Renoir, drugstore comme le célébrissime Moulin de la galette, et ces tableaux de facture assez classiques paraissent un peu ternes à coté. De même afin de montrer son influence sur les jeunes peintres de l’époque, des toiles de Picasso ou de Maillol sont aussi exposées et force est de constater que la comparaison n’est pas toujours en faveur du maître.

Peintre jusqu’au bout

L’aspect le plus intéressant de l’exposition tient peut-être dans les documents qui touchent à l’intime de Renoir. Autour des tableaux sont présentés de très nombreuses photos de vie quotidienne et même un film qui le montre en train de peindre. On voit ainsi ce vieil homme dont les mains sont quasiment paralysées par l’arthrite, qui ne peut plus marcher mais qui continue quand même à peindre tous les jours. Au point de se faire aider de jeunes artistes quand il ne peut plus réaliser lui-même ses bronzes.

Finalement c’est un goût de « eut mieux faire »qui domine à la sortie de l’exposition. Attention aussi à l’affluence et à des choix de mise en place parfois déconcertants qui ne facilitent pas l’accès aux œuvres.

 

Les Baigneuses - Pierre-Auguste Renoir (Musée d'Orsay Paris Huile sur toile, 1918 110 x 160 cm © Rmn / Hervé Lewandowski)



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